10 mars 2008

60 millions de sélectionneurs contre 1 finale (le XV de France avant les Gallois)

Pour ce qui est de rouspéter, les supporters des Bleus battent pas mal de records, je vous le garantis. La France vient de gagner contre l´Italie et va donc aller défier le pays de Galles à Cardiff pour la victoire finale dans le tournoi. Oh, je sais, il y a bien des motifs d´insatisfaction au niveau du jeu, et ce ne fut pas un match parfait du tout. Mais bon, d´un point de vue comptable, mission accomplie, non? Gagner le Tournoi reste possible.

J´ai donc vraiment du mal à comprendre. Il y a des gens qui regrettent Laporte et critiquent les trois nouveaux entraîneurs en disant que l´équipe de France ne joue pas bien, qu´elle galvaude le Tournoi des VI nations, même si les résultats lui sont assez favorables. Si ce qui compte ce n´est pas en fin de compte le résultat, pourquoi s´en prendre à la version de l´équipe de France qui tente justement de proposer du beau jeu? Parce que ceux qui descendent le triumvirat en les comparant avec Laporte feraient bien de se rappeler à quel point la notion de beau jeu et la prise de risques qui va avec était décriée par l´ex-entraîneur.

C´est sûr que Lièvremont, N´Tamack et Retière ont beaucoup de pain sur la planche, et que les Bleus ont en partie déçu pendant le Tournoi. Justement parce qu´on en attend monts et merveilles. On en est très loin, mais il est clair que les sélectionneurs voient la tâche sur la durée (ce qui est sage, n´en déplaise à ceux qui s´imaginent qu´en quatre matches on devrait voir la meilleure équipe de rugby du monde), qu´ils insistent sur le boulot à fournir, et qu´ils ne se laissent pas démonter par la pression du public.

Résultat, le secteur de la conquête reste le plus déficient, sans pour autant être catastrophique, la ligne d´arrières a montré de très très belles promesses actuelles et pour l´avenir en dégageant dès maintenant au moins 6 joueurs qui pourraient être exceptionnels, et la charnière a montré qu´il lui restait beaucoup de choses à apprendre, mais les différents joueurs qui l´ont composée ont montré du caractère, une bonne disposition au travail et à défendre avec le reste de l´équipe, par moments de l´autorité et de l´inspiration, et d´après le match contre les Transalpins, une certaine flexibilité à l´heure d´alterner le jeu.

Faire le liant entre tout ceci, cela reste une autre paire de manches. C´est normal; le rugby exige un équilibre rare dans les phases de jeu, et quand tu l´atteins, quand tu deviens imparable dans le jeu au centre, les regroupements et le jeu au large, et quand tu sais quel est le bon moment pour chacune de ces trois facettes, c´est que tu es arrivé à maturité et que tu es au top.

En somme, on est à l´étape des promesses laborieuses, et c´est normal. L´aisance individuelle et collective, cela viendra plus tard.

Un cavéat, cependant. Je comprends que le triumvirat fasse débuter beaucoup de petits nouveaux, on est à l´an 1 et au match 4 du trajet de 4 ans vers la Coupe du Monde. Mais je me demande si la méthode ne sera pas contreproductive pour certains de ceux qu´on lance dans le grand bain. Je veux dire que l´équipe n´a pas simplement été retouchée, sinon qu´il y a eu des mini-chamboulements entre certains matches (entre l´Angleterre et l´Italie en particulier).
Un projet de jeu collectif auxquels tous ont suscrit a été assis avec fermeté et enthousiasme, c´est vrai, mais le manque de continuité concernant les joueurs fait qu´il manque encore beaucoup d´automatismes collectifs. Et j´ai du mal à concevoir que tous les jeunots qui débutent puissent s´exprimer au mieux vu cette instabilité, cette friabilité du jeu collectif.

Il est difficile d´évaluer clairement l´impact d´un joueur spécifique quand la physionomie d´ensemble de l´équipe est mal dessinée, quoi. Certains joueurs, comme Trinh-Duc, ont eu la chance d´être rappelés au moins 2 ou 3 fois même après des performances moyennes, mais s´il faut rappeler tous les petits nouveaux 3 ou 4 fois avant de se faire une vraie idée de leur valeur dans le dispositif de l´équipe de France, vu que voilà 13 néophytes a avoir débuté depuis les début du Tournoi, je crains que les Bleus ne tardent un peu trop à trouver de la consistance.

Le vrai problème, surtout, c´est que ces 3 ou 4 sélections ne s´effectuent pas consécutivement, à part pour Trinh-Duc. Parra fait un bon match contre l´Angleterre, mais il n´est pas rappelé. Lui a réussi ses débuts donc ça ne pèsera pas trop sur la décision des entraîneurs, mais pour quelqu´un comme Diarra en troisième ligne, qui vient de se blesser, vu que je pense que Dusautoir reste un taulier, jouer plusieurs matches en Bleus espacés par quelques semaines de différence risque de lui compliquer la tâche pour s´affirmer définitivement en équipe de France.

Je n´aime pas penser que la carrière de certains Bleus pourrait s´avérer très courte sans que l´on soit sûrs qu´ils ont effectivement buté contre leurs limites.

J´attends avec impatience de suivre cette équipe de France dans les années à venir, ça c´est sûr. Quand tous les joueurs blessés seront disponibles, que les jeunes auront gagné en assurance, les possibilités sont monstrueuses. Qui de Clerc, Heymans, Rougerie, Poitrenaud, Floch, Malzieu, Jauzion, Traille, David brillera en attaque? A quoi ressembleront les deuxième et troisième ligne? (il y a une telle concurrence que tout est possible, et cela pourrait être la grande classe, je veux bien le parier). Il n´y a guère que la première ligne qui pourrait m´inquiéter sérieusement (De Villiers et Milloud seront vraiment vieux lors de la Coupe du Monde 2011), mais même là, l´espoir demeure (quid de Benjamin Kayser? Barcella tiendra-t-il le coup?) Quelle charnière pour rêver et gagner? Parra, Elissalde, Trinh-Duc, Michalak, les lendemains peuvent chanter!

Mais entretemps, s´agissant du Tournoi que l´on est en train de vivre, même si le pays de Galles mériterait son Grand Chelem, si les Français vont là-bas et font exploser le match, qu´ils gagnent par 20 points d´écart avec un rugby de feu, ils auront bien mérité le triomphe dans ce Tournoi, et les entraîneurs aussi. Réponse dans une semaine. Feraient-ils taire les détracteurs? Je ne le parierais pas...On aura un bien beau vainqueur en tout cas!

9 mars 2008

Pas de ratage, mais des cafouillages (le XV de France après l´Italie)

Quand la France gagne contre l´Italie, certains seraient tentés de faire la fine bouche et de ne pas accorder trop de mérites aux joueurs, mais c´est d´autant plus un tort que le XV de France commence à montrer des tendances tant encourageantes que problématiques.

Quelques observations donc après ce match.
La conquête reste un chantier total. C´est vrai que les Italiens sont bons dans ce secteur, et les Bleus n´ont pas le feu aux trousses, donc il faut rester mesuré, mais cela ferait vraiment du bien que lors du prochain match, la mêlée et la touche vivent un déclic. Personne en particulier n´est en cause, mais personne n´a la certitude que la bonne composition des avants ait été trouvée, d´où en partie la frustration ambiante. Barcella a fait son boulot en s´accrochant avec aplomb, il a eu de l´assurance dans ce groupe pour son premier match, et je le sens bien.

Les arrières ont montré de belles choses contre les Italiens, et vu les conditions, cela aurait été un exploit qu´ils ne gâchent pas autant de munitions, alors ne nous traumatisons pas à cause des nombreuses fautes de main. Malgré tout, loin d´être parfait. Floch et Malzieu laissent entrevoir de belles choses. Autant que les Toulousains? Cela reste à voir... La liaison avec la chanière s´est améliorée par rapport au match contre l´Angleterre, j´ai l´impression, et c´est grâce à l´alternance proposée par la charnière et Trinh-Duc en particulier. Apparemment, lui et Yachvili jouent assez bien ensemble, mais c´est encore trop tôt pour en tirer des conclusions définitives, parce qu´Elissalde a encore une longueur d´avance sur Yachvili d´après moi et reste le taulier au poste de demi-de-mêlée.

La troisième ligne s´est trouvée de bons joueurs (depuis les début du Tournoi je veux dire, c´est-à-dire en incluant Dusautoir et les autres), mais l´ordre et les mécanismes restent flous. Les centres ont montré de belles choses aussi, et entre Jauzion, Traille, David, et peut-être Poitrenaud, il y aura des combinaisons à tenter.

En somme, je trouve que la conquête reste le seul dossier où l´on n´ait pas tant avancé que cela, et que pour le reste des secteurs, il est peut-être temps d´établir une première hiérarchie temporaire de l´équipe, et de tenter de peaufiner les automatismes.

8 mars 2008

Will the Pistons win the championship? (part 2)

These things are bad enough as it is, but there´s more.

And once again, my biggest beef is the rotation. What the heck passes through Flip´s mind at times, I wonder. Some players are fresh, playing good, being efficient on the court, and still they are sent to the bench? (Rodney Stuckey against the Knicks, for instance). A starter is playing like shit, contributing negatively, but he stays on the court for long, long minutes? No matter how the game is goind, Saunders´s rotation patterns are always the same. It´s set in stone or so you´d swear, it´s predictable, and it´s depressing.

Look, it´s simple. The Pistons are the only 12-deep team in the NBA. All the guys on the bench play with energy. All of them. And still Chauncey can be having a horrible, horrible time on the court and end up with 35 minutes of playing time. These past two games have been horrendous from Chauncey. During the game against Boston, in a 5 minutes stretch, he lost something like 3 balls in a ridiculous manner, just because he was a bit lackadaisical. He had no assists, no rebounds, no points, but more importantly, for the whole stretch, he just didn´t contribute solidly, even wihout stats, besides the turnovers of course. Even his defense was kind of lacking.

I know Billups is your captain on the floor, but if he reaaally isn´t playing well, he shouldn´t be on the court. Bench him for a few minutes, give the other guys a chance, and after a while put him back there, to see if he has his head straight this time. And if he doesn´t and the others have played well, have helped their team, then let them, the ones who have HELPED their team, play.

And during these last 2 games, it wasn´t only Chauncey, but also Rip who stank to high heavens. Okay, I´m exaggerating. His defense during the Boston game was good, both on Rajon Rondo and Ray Allen. But: he got ejected in New York, which was really dumb and unhelpful for the team in the absence of Rasheed, and his shooting percentage was dismal in both games. When that happens at the same time as Billups´s problems, the Pistons have a really hard time executing their offense.

It shouldn´t be the case. Prince can score on anyone 20 points a night, and the bigs are very skilled offensively. But there´s the source of my discontentment towards Billups and Hamilton: when they are both shooting badly, they don´t relinquish their role of main scoring threats, they still try to run the show, instead of force-feeding McDyess and Rasheed and having them be the primary focus of the Pistons´s offense.

I know Rasheed and Dyess don´t try to be top dogs on the team, and that´s very helpful when the backcourt is playing well (which means, most of the time), because that´s when, as a unit, Detroit fires on all cylinders, to quote the cliché. that´s when the "best starting five in the NBA" blows all competition out of the water (scroll down till Steve´s comment at 11.30 PM). But on those rare nights when it doesn´t happen, you know the Pistons have the weapons not to suffer one bit, but they don´t use them.

And it´s frustrating as hell. Detroit is without a doubt the most frustrating team in the league, I´m telling you (the details are for a later entry).

For the good news, I´ve liked what I´ve seen from Dixon, he´s efficient, incisive and smart. I agree with Flip´s apparent decision to give him the edge over Afflalo for this year, except in certain circumstances (some defensive assignments come to mind), because for this year, he´s ahead of Arron offensively, and the younger player will learn a lot and play much more next year. Ratliff is great within Detroit´s system, he will be solid for short stretches, won´t need time to warm up, will be a great help on some players, and could hold the fort for long minutes should the need come to arise in desperate cases.

Both him and the young ones, Maxiell and Amir, could play and thrive on the team. Let´s just hope Saunders uses his bigs wisely during the playoffs, because they could be dynamite. Thank you JoeD. Come on! Rasheed, McDyess, Amir, Maxiell, and Ratliff? The perfect tools, it just has to be the perfect rotation.

And for the love of basketball, Flip Saunders, let Herrmann play! As a back-up small forward, he would become gold for the Pistons. Gold, I´m telling you. More on that later.

Will the Pistons win the championship? (part 1)

At this point , no one knows. What we should discuss is whether the Pistons will play as well as they have shown they can this season. And I got to say, I didn´t like much what I saw this week in the two games against Boston and the Knicks. Both these games showed some troublesome patterns that the Pistons have been carrying with them for a while, now.

First of all, I thought the youngsters´s emergence this season was supposed to take care of the no-energy problem. And indeed, Maxiell, Johnson and the other guys are always bouncing up and down the court with determination. But both against Boston and New York, after taking some rest on the bench, the starters came in and looked flat. At times, and it has been said a lot, Detroit´s level actually dips a little in the first minutes after starters return on the court, and the only reason this has never been made obvious is because with so few turnovers, the starters´s deficiencies aren´t made flagrant in short spurts.

Doesn´t mean they aren´t there, though, and it especially doesn´t mean these deficiencies won´t cause serious harm in the long run. It´s a very real possibility, because this week´s games are not the first ones where I notice this.

Second, Detroit has a chance to be incredibly good this year in the playoffs, but they still have to execute. Games won´t all be blowouts, and the Pistons seriously need to begin taking care of those free throws. 2 missed technical free throws in the playoffs will take its toll, I promise you that. Having a FT shooting percentage of 70% for the last 5 or 6 games has probably cost the Pistons a game or two, you know. Momentum is everything in sports, and against Boston in particular, if the Pistons had actually tied the game during the second quarter by sinking their FT, there would have been no need to play catch up for the entire game, and I think the mental toll it took can help explain the mini-meltdown that happened in the fourth quarter.

The most problematic aspect of this isn´t the loss of 1 or 2 games, though. I´m more worried about the fact that it has been happening for some time, now (and it´s not like there´s one player who just can´t sink FT that´s lowering the FT%), and that it still hasn´t been adressed. That indicates a problem with coaching. It´s part of the basics for every coach, you know? You get an uncontested layup, it´s in, period. You go to the line, it´s in. And if it´s not, then you practice again and again and again, because there´s no excuse not to make them.

It´s the players´s responsibility to sink them, but it´s damn sure the coaching staff´s responsibility to notice if they haven´t been as efficient and focused as they should, and to raise the issue accordingly. I haven´t seen that. I haven´t seen anyone pointing that out on and off the court, and I haven´t seen anyone seriously bothered and demanding focus from the Pistons on the FT line. It´s not that I want Flip to blow a gasket, but it sure looks like missed FT are not a big deal for him or any of them. And as I said, who on the team is supposed to miss FT? Maxiell has progressed a lot, Amir has a soft touch, Dyess and Rasheed are actually good FT shooters. It´s just a matter of focus.

(continued..)

5 mars 2008

Ligue des Champions, Real Madrid - AS Rome

Une fin de match assez débridée, et qui causa une certaine angoisse, mais en fin de compte, le résultat final est on ne peut plus mérité tant pour la Roma que pour le Real.

Si on additionne toutes les occasions dangereuses de la Roma, et on compare avec celles du Real, il ne fait aucun doute que le club italien se montra bien plus incisif. Certaines des occases des Romains auraient fait des buts splendides. La première frappe d´Aquilani est un véritable éclair de génie. Quel angle! Vraiment incroyable. La frappe de Vucinic sur la barre est aussi très jolie, plusieurs contrattaques en surnombre offensif auraient pu finir en but, surtout si Totti n´avait pas explosé dès la 74ème minute, et dans l´ensemble, la Roma a fait bien meilleur usage du ballon que le Real, même si certains moments du match étaient une interminable succession d´erreurs techniques des deux côtés (entre la 30ème minute et la fin de la première mi-temps par exemple).

Mexès fait un très bon match, et Tonetto aussi. Il faut souligner que De Rossi joue un rôle déterminant pendant les premières 70 minutes, placé comme le milieu récupérateur le plus bas que j´ai jamais vu au foot, et il a bien emmerdé le Real en râtissant tout et débutant les relances de là où il était. Il était le liant entre la défense et le milieu, et a permis que les espaces soient très importants pour ses attaquants dès la ligne de milieu de terrain. La minute où il a reculé, s´est tranformé en un défenseur comme un autre et a cessé de couper les transmissions du Real et de se porter vers l´avant, le bloc romain a cessé d´avoir la mainmise sur le ballon et le Real a pu respirer (un petit peu).
Totti n´était pas au mieux au départ, puis il décida de servir de point d´appui à l´attaque, et comme le Real a été assez stupide pour ne pas essayer de le priver de ballon, mais plutôt de le lui enlever, il a pesé sur le match, jusqu´à ce que la fatigue le fasse disparaître. Mais c´était vraiment absurde de le voir avec trois Madrilènes le collant pour essayer de lui chiper la balle; vous avez vu la couverture de ballon du Romain? Bonne chance pour le lui prendre!

Les deux joueurs les plus en vue furent incontestablement Vucinic, qui fit ce qu´il voulut, et Aquilani, la plaque tournante. D´ailleurs, pour moi, le meilleur joueur du match ce fut lui, présent dans le pressing, disponible dans la construction du jeu, et du tonnerre en attaque lorsqu´il apporta le surnombre. Le match bascule véritablement avec l´entrée de Vucinic, mais les titulaires de la Roma dominaient déja largement le match auparavant.

Cela vous illustre bien à quel point le Real n´y était pas. Je ne pense pas que cela soit l´entraîneur. Oh, je sais, Bernd Schuster n´a pas non plus fait un grand travail sur ce match, mais ce n´est pas son coaching qui a coûté aux Madrilènes la qualification. Le premier but surgit sur un centre juste après l´expulsion de Pepe, c´est vrai, mais d´après moi, on ne peut vraiment pas en imputer la responsabilité au fait que le coach ne fit pas entrer un autre défenseur central. Si on prête attention à ce qui se passe sur le but, personne n´est démarqué dans la surface de réparation. Taddei n´est pas seul, c´est juste qu´ il surprend son défenseur et met une tête imparable dans une position difficile. On peut discuter sans fin pour savoir si un défenseur en plus aurait fait la différence, mais ce n´est, au mieux, pas évident du tout.

Non, pour moi la raison de la défaite du Real tient aux joueurs. Vous les avez sentis surmotivés, morts de faim, vous? Le but de Raúl est très chanceux, vu qu´il était en position de hors-jeu, et après, beaucoup de hâte mais peu de tranchant.
Non, ils n´y étaient vraiment pas, et voilà un petit moment que cela dure. Je les trouve en proie à une insidieuse fatigue complètement mentale. C´est dur à expliquer, et cela n´a peut-être pas beaucoup de sens, mais voilà quelques années que je les vois jouer et que je sens qu´on leur a coupé l´inspiration. Avant même la dissolution des "Galactiques". J´ai ma petite idée sur le sujet, d´ailleurs, mais je la laisse pour plus tard.

Toujours est-il que le Real s´est planté une fois de plus, et monumentalement. La Maison Blanche a besoin de reconstruire à zéro, j´en ai la conviction.
L´AS Rome se qualifie, ce qui à première vue ne fait pas les affaires du beau jeu, mais même si la Roma joue en bloc et n´est pas tournée entièrement vers l´attaque, je trouve que leur jeu est loin d´être désagréable. Ils sont assez techniques et assez vifs pour animer un match contre n´importe qui, et ce n´est vraiment pas une de ces équipes qui cadenassent tout en défense.

Un match de foot assez intéressant, et assez juste. Pour la deuxième fois en deux jours avec une équipe italienne!! L´arrêt Bosman, l´émergence de la Premier League et d´autres tendances de ces dernières années ont fait beaucoup de bien au foot italien.

4 mars 2008

Ligue des Champions, Milan AC - Arsenal

Le match vient de se terminer, et le résultat final reflète parfaitement la physionomie du match, une fois n´est pas coutume lorsqu´il s´agit d´une équipe italienne.

J´aime les Gunners; leur jeu basé sur l´attaque, sur la circulation constante du ballon, sur la technique au service du collectif, sur la vitesse... A l´époque des Galactiques du Real Madrid (après 2002, quand ils renforcèrent l´effectif avec Ronaldo, puis Beckham, puis Owen, etc..), le jeu offensif était absolument sublime, mais la défense ne donnait pas les mêmes gages de sécurité. Le jeu d´Arsenal, de la défense jusqu´à l´attaque, est basé sur la notion d´équilibre. Vous avez vu la fréquence avec laquelle Gallas, défenseur central, se porte en attaque pendant le cours du jeu, et la facilité avec laquelle un joueur nettement plus offensif de nature comme l´est Clichy le couvre dans ces cas-là? Tous les joueurs qui font partie de l´effectif d´Arsenal, à l´exception d´Adebayor, jouent leur rôle de récupérateurs avec le même zèle qu´ils dévouent à se porter vers l´avant.

Un joueur incarne en particulier pour moi cette délicate alchimie d´Arsenal. Evidemment, il s´agit de Fabregas. Cela fait plaisir d´entendre dire qu´il se sent chez lui au club et qu´il compte y rester toute sa carrière. Le but qu´il marque à la 84ème minute me fit vraiment prendre conscience qu´il est en train de devenir l´équivalent de Steven Gerrard à Liverpool, non seulement le joueur le plus doué sur le terrain, mais aussi le baromètre de l´âme de l´équipe, un capitaine-courage dont la combativité peut ressusciter magiquement les partenaires.

Sur l´action, apparemment anodine, on voit clairement à quel point Fabregas est le patron d´Arsenal sur le terrain. Le tir, sans atteindre des sommets de vitesse, est incroyable, il se niche dans les recoins de la cage, là où le goal n´avait aucune chance de le dévier. Il ne venait pas de produire une énorme accélération, il ne met pas toute la patate, mais n´empêche; un tir vraiment venu de nulle part. Et pourtant, les coéquipiers de Fabregas n´ont pas l´air si étonnés que cela. Lors d´un match qu´Arsenal dominait sans parvenir à débloquer, il était clair qu´ils avaient pleinement confiance en lui pour faire basculer le sort de la rencontre.

Fabregas avait bien joué jusque là, s´employant à fond dans la récupération, participant avec clarté dans la construction du jeu, mais ce n´était pas un de ces matches où il semble touché par la grâce. Mais un éclair de sa part fut suffisant pour changer complètement les états d´esprits. Voilà qui montre l´étendue de sa force mentale. Il lui faut encore gagner de la constance et progresser, c´est vrai, mais que le futur d´Arsenal s´annonce prometteur pour les 5 ou 6 prochaines années !!

Chapeau, Arsène Wenger. Cette équipe régale, épate, et gagne depuis et pour encore longtemps.